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Explication d’un texte de Kant sur le travail par Héloïse D. (élève de TL)

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TEXTE :

« L’homme est le seul animal qui doit travailler. Il lui faut d’abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de ce qui est supposé par sa conservation. La question de savoir si le Ciel n’aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler, doit assurément recevoir une réponse négative : l’homme, en effet, a besoin d’occupations et même de celles qui impliquent une certaine contrainte. Il est tout aussi faux de s’imaginer que si Adam et Eve étaient demeurés au Paradis, ils n’auraient rien fait d’autre que d’être assis ensemble, chanter des chants pastoraux et contempler la beauté de la nature. L’ennui les eût torturés tout aussi bien que d’autres hommes dans une situation semblable.

L’homme doit être occupé de telle manière qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux, si bien qu’il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail. Ainsi l’enfant doit être habitué à travailler. Et où donc le penchant au travail doit-il être cultivé, si ce n’est à l’école ? L’école est une culture par contrainte. Il est extrêmement mauvais d’habituer l’enfant à tout regarder comme un jeu. Il doit avoir du temps pour ses récréations, mais il doit aussi y avoir pour lui un temps où il travaille. Et si l’enfant ne voit pas d’abord à quoi sert cette contrainte, il s’avisera plus tard de sa grande utilité. »

Emmanuel KANT, Réflexions sur l’éducation, 1776-1786.Trad. fr. par A. Philonenko, Vrin, 1987, pp.110-111.

 

Question 1: Explication de texte :

          Emmanuel KANT, né en 1724 et mort en 1804 est un célèbre philosophe allemand du siècle des Lumières (XVIIIè). A travers ce courant philosophique, de nouvelles idées, de nouvelles pensées surviennent et les auteurs osent critiquer la société, les vices mais tout en restant correct : n’oublions pas que la censure était extrêmement présente. Kant, à travers Réflexions sur l’éducation réfléchit sur la manière dont doit être éduqué l’homme dans sa vie. Le passage qui nous intéresse parle du rapport de celui-ci avec le travail et de la nécessité d’être occupé avant que l’ennui ne le rattrape. Dans son ouvrage, Kant se contente donc de répondre à la question de la place de l’éducation dans la vie de l’homme et de comment celle-ci doit être menée. Sa thèse, à travers notre extrait est que l’homme se doit de travailler, ce par lequel il acquerrait une certaine éducation. Thèse développée en argumentant que l’oisiveté, -autrement dit le fait de ne pas travailler- est comme vu une faute, un pêché même dans la religion chrétienne. Afin de comprendre la philosophie de Kant, nous allons étudier dans un premier temps le travail comme un devoir avant d’observer la critique de l’oisiveté comme une faute et nous finirons dans l’optique que tout travail a un but.

              Tout d’abord, repérons la première phrase «L’homme est le seul animal qui doit travailler.» Le terme « doit » conjugué du verbe devoir renvoie à l’idée de « presque » obligation. En effet, souvent nous associons un devoir à une chose obligatoire, que nous devons faire pour respecter une morale. Cela voudrait-il alors dire que l’homme doit travailler par morale ? Cette phrase dit également que l’homme est LE SEUL animal se devant de travailler. Le travail est donc une nécessité pour lui, espèce initialement définie par rapport aux animaux. Nécessité dans laquelle se trouve l’homme d’avoir à inventer lui-même par son travail son mode d’existence et de devenir un être culturel. Le travail serait donc une des conditions du mode d’existence de l’homme, sans le travail il ne serait donc rien. Il est un fait qui ne laisse pas le choix à bien des hommes (verbe « devoir ») puisqu’il faut travailler pour vivre, c’est une nécessité d’une part économique mais c’est surtout une contrainte essentielle de l’existence humaine vu comme le moyen de notre adaptation à la vie sociale. Le travail semble donc d’abord être la condition dont l’homme ne peut faire l’économie et ne peut développer toutes ses potentialités qui dépassent alors celle de l’animal d’où « l’homme est LE SEUL animal ». Concernant l’activité animale, elle est sans conscience, mécanique, répétitive tandis que chez l’homme, le travail humanise, il n’est pas instinctif : le fondement du travail humain est basé sur la conscience or les animaux « œuvrent » sans conscience. Ceux-ci, contrairement aux hommes ne travaillent donc pas : ils répondent à leurs besoins directement, au naturel (différence entre état de nature et état de culture : l’animal est un être naturel tandis que l’homme est un être culturel). C’est un automatisme biologique. En revanche, l’homme a besoin de « beaucoup de préparation ». En effet, durant son évolution, il a appris à fabriquer des armes et des outils, à apprivoiser le feu, les bêtes, cultiver la terre pour répondre à ses besoins en nourriture, etc. Tout cela sur des millions d’années… Selon Marx, l’homme change le monde et se change par le travail et en développant ses facultés et il fait de celui-ci l’expression de sa liberté. Le mot « travail » vient du latin tripalium qui désigne un instrument de torture et tous les noms européens (labor en anglais, ponos en grec, arbeit en allemand) impliquent l’idée de souffrance et d’asservissement… ce qui est plutôt contradictoire avec l’idée que le travail est humanisant, est synonyme d’adaptation et d’intégration dans la société. Il serait alors plus de l’ordre de souffrance, de fatigue… Beaucoup de métiers aujourd’hui, et ce malgré les avancées technologiques telles que l’arrivée des robots, de l’intelligence artificielle (IA) restent physique et demande un effort particulier. Nous ne sommes plus à l’époque de Chaplin et du travail à la chaîne intense mais énormément de personnes se sentent oppressées au quotidien par un employeur trop exigeant par exemple, qui reviendrait à la souffrance quelque part, cette idée de pression, d’aller au travail stressé, de devoir respecter des contraintes de temps dans la remise de dossiers… Néanmoins, ne pas travailler -qui est synonyme d’oisiveté, de paresse- est vu comme atteinte à la morale, et surtout dans la religion chrétienne.

           Ensuite, dans cet extrait de Réflexions sur l’éducation, Kant fait explicitement référence à la religion chrétienne : « La question de savoir si le Ciel » et « Adam et Eve étaient demeurés au paradis ». Effectivement, dans l’Ancien Testament -qui est l’ensemble des écrits de la Bible antérieurs à Jésus Christ- le travail est une malédiction, une punition divine. Par ailleurs, nous retrouvons également dans la vision chrétienne du travail l’idée que celui-ci est une inévitable servitude, un fardeau dont les hommes sont victimes, ce qui revient à l’idée de devoir, d’obligation. Le récit biblique de la Genèse nous éclaire sur le sens que le christianisme accorde initialement à l’idée de travail et le présente comme une malédiction portée par Dieu sur l’homme en châtiment du péché originel. L’homme après cette faute fondamentale devra « gagner son pain à la sueur de son front », autrement dit devra se satisfaire lui-même et travailler pour soi afin d’être méritant. Il faut savoir que le péché originel est une doctrine de la théologie chrétienne décrivant l’état de l’humanité depuis la Chute, c’est-à-dire la désobéissance d’Adam et Ève (premiers êtres humains créés par Dieu) qui mangent le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Emmanuel KANT dans son texte, malgré qu’il se base sur la religion chrétienne pour exposer sa thèse, écrit plutôt une antithèse. En effet, il ne décrit pas le travail comme une « malédiction », une conséquence du « péché originel » car il nous fait échapper à la torture de l’ennui. Si nous observons la phrase « L’homme en effet a besoin d’occupations et même de celles qui impliquent une certaine contrainte » cela nous montre qu’il faut à tout prix échapper à l’oisiveté, jugée comme un vice, à l’encontre du travail vu comme une valeur. Il vaut mieux être contraint et occupé que ne rien faire. L’oisiveté est clairement vue comme un pêché si nous nous référons au christianisme. Par ailleurs, ce « vice » se rapproche de la paresse, un des sept pêché capitaux. En effet, l’oisiveté est l’état de quelqu’un qui vit sans travailler et sans avoir d’occupation permanente, un peu comme la paresse finalement. Mais si, comme le dit Kant, « La question est de savoir si le Ciel n’aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler », le travail n’aurait plus aucune valeur, tout serait trop facile, il ne faudrait pas fournir d’efforts, il n’y aurait donc pas forcément de mérite à concrétiser un projet, pas de but ultime. C’est pour cela que l’auteur y apporte une « réponse négative » qui contre avec le fait que l’homme doit être occupé même si c’est au prix de quelques sacrifices comme des horaires précises, être employé et donc être sous les ordres de quelqu’un, etc… Si l’homme ne travaillait pas, s’il n’avait pas de projet, pas de but à atteindre, l’ennui le comblerait. Prenons l’exemple d’Adam et Eve « si Adam et Eve étaient demeurés au paradis, ils n’auraient rien fait d’autre que d’être assis ensemble, chanté des chants pastoraux, et contempler la beauté de la nature. L’ennui les eût torturés tout aussi bien que d’autres hommes dans une situation semblable ». Les termes « l’ennui les eût torturés » met en exergue le fait que l’ennui est une peine dure à supporter, la torture étant un mot assez conséquent et nous nous souvenons, un dérivé de l’étymologie du mot « travail ». Pour finir, il y a deux sortes de repos : le mauvais repos de l’oisiveté, le vice et le bon repos qui suit le travail et permet à l’homme de réparer ses forces.

               Enfin, le philosophe met en lumière dans les dernières phrases de son œuvre : « L’homme doit être occupé de telle manière qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux, si bien qu’il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail. » L’homme n’est pas fait pour contempler la nature ou pour se contempler lui-même, mais pour agir, c’est-à-dire pour transformer la nature par le travail. A travers la phrase précédente, Kant exprime l’idée qu’un but se trouve dans chaque travail, dans chaque effort et que ce but est comme l’accomplissement d’un projet, projet qui éloignera de l’ennui et dans lequel l’homme doit se donner au maximum « qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux ». Il ne doit voir que par ce but et le terme « rempli » signifie que l’homme doit être consacré entièrement à ce but afin d’atteindre ses objectifs. La qualité principale que nous pouvons associer à cela est la détermination. Détermination qui doit être tellement forte au point d’amener cet individu dans un état second à tel point « qu’il ne se sente plus lui-même ». Cet objectif est si important qu’il doit s’en oublier lui-même, lui, dans sa personne, ne plus se sentir. Pour réaliser sa vocation propre, l’homme doit « se fixer un but » extérieur à lui-même. Nous avons là un peu l’impression qu’avoir un but à atteindre, quelque chose à réaliser est synonyme de bien-être profond, que cela permettrait de s’oublier donc d’oublier les problèmes qui nous rongent au quotidien, de ne plus penser à rien pour quelques temps finalement. Serait-ce une sorte d’échappatoire au final ? Faut-il être absorber par un projet à concrétiser pour réussir à s’oublier soi-même ? Méditer dans un sens ? En ce qui concerne la fin de la phrase à savoir « que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail » revient à l’idée de mérite. Si l’on s’en suit à sa définition, le mérite est ce qui rend une personne digne d’estime, de récompense et cela peut s’exercer notamment à travers le travail. En effet, le simple fait d’avoir un but, un projet et de réussir à l’atteindre, le réaliser est preuve de mérite, d’autant plus si l’on s’est donné du mal pour y arriver. De plus, le travail est non seulement le moyen de maîtriser la nature et de l’adapter aux besoins humains mais il est aussi celui d’une extériorisation, d’une objectivation de soi. Dans la nature maîtrisée par le travail, l’homme se reconnaît lui-même. Cela lui permet une identification de lui-même. Le travail sous entend effort, même peut-être difficulté pour certaines professions, du moins, pression et stress pour la plupart. Or tout effort est fatiguant. Il faut donc bien évidemment, pour la personne accomplissant ces efforts une phase de sommeil, du repos, qui est alors mérité puisque effort effectué. Le meilleur repos est celui qui suit le travail parce que lorsque l’on travaille, nous effectuons une activité d’ordre manuelle, intellectuelle, etc qui pousse à l’effort, au dépassement de soi parfois même. Donc le repos qui suit ce moment est mérité et Kant le qualifie de « meilleur repos », meilleur étant un superlatif donc comme quelque chose de bon, d’exceptionnel.

                   En définitive, dans l’ouvrage Réflexions sur l’éducation à propos de la place de l’éducation dans la vie de l’homme écrit par Kant, celui-ci développe sa thèse avec le travail, l’idée que l’homme doit être occupé et non passif, jamais. Travail par lequel il acquerrait une certaine éducation et notamment avec l’idée que cette occupation est un devoir, qu’il se doit de ne pas être oisif -qui est par ailleurs très mal vu non seulement par la Bible mais aussi la société- et que ce travail est bénéfique pour lui puisque l’homme peut se surpasser, avoir des buts qui peut atteindre et ce qui permet une certaine libération de soi.

Question 2 : (proposée aux élèves en plus)

Réflexion personnelle : selon vous, l’oisiveté est-elle une faute ?

Tout d’abord, commençons par définir ce qu’est l’oisiveté : c’est l’état d’esprit d’une personne qui ne fait rien pour s’occuper durant la journée, c’est une situation dans laquelle une personne se complaît dans la paresse. Après cette courte explication, il nous tend à réfléchir sur le sens de ce terme : l’oisiveté est-elle un défaut, une faute ? Et pourquoi ?

Selon moi, le meilleur moyen pour déterminer si oui ou non l’oisiveté est une faute est d’observer ce terme à travers son contraire : le travail. Qu’est ce le travail ? Selon le dictionnaire, c’est l’activité de l’homme appliquée à la production, à la création… donc une occupation. Être oisif signifie donc avoir aucune occupation mais ce qui importe dans ce comportement est surtout de s’y complaire, dans le fait de ne rien faire. Nous pouvons rapporter ce mot à la paresse qui est par définition très semblable. Pourquoi la paresse ou l’oisiveté peut-être vu comme un défaut, une faute ? Je pense que son contraire à savoir le travail est la base de tout. « Tout » est un terme assez vaste et qui a maintes significations mais selon moi, il n’y a qu’en travaillant que l’on atteint ses objectifs, que l’on peut être fier de soi, que l’on a du mérite. Toute chose matérielle que l’on peut ou veut acquérir est par le travail. Par exemple, en travaillant une personne reçoit un salaire or imaginons que celle-ci souhaite s’acheter un nouvel objet, un nouveau vêtement, le dernier « joujou » à la mode : cette personne va être obligé de payer. Or d’où a-t-elle acquit l’argent avec lequel elle va payer ? En travaillant… En se donnant du mal, en effectuant un effort puisque tout effort mérite récompense. Malheureusement ce n’est pas le cas dans tous les pays du monde où certains font beaucoup plus d’efforts qu’ils ne sont récompensé tout comme la situation inverse, certaines personnes ne se donnent pas tant de mal que ça dans leur activité professionnelle et sont pourtant rémunéré avec un salaire plus que décent. L’injustice de ce monde… Mais si travailler signifie mériter alors ne pas travailler signifierait-il ne pas mériter ? Voilà pourquoi l’oisiveté pourrait s’avérer être une faute : le manque de mérite. A quoi bon rester sur un canapé toute la journée à regarder la télévision ? Est-ce être méritant ? La réponse tendrait à pencher sur un non. La valeur de « mérite » est un point essentiel dans notre société aujourd’hui, il est évident que chacun des hommes aime être fier de lui et que rien n’est plus satisfaisant qu’une récompense méritée après un travail ou effort subi. Si certains hommes se donnent tant de mal dans le monde professionnel c’est peut-être aussi pour monter dans la hiérarchie de l’entreprise, ce qui rendrait fier et qui prouverait de la part de l’employeur que cette personne est méritante. Quoi de mieux qu’être reconnu pour sa juste valeur ? La juste valeur de son travail ? Travail permettant d’accéder à un poste plus élevé donc de gagner un meilleur revenu pour, et l’on en revient à l’idée de récompense, s’acheter des biens matériels ou pas d’ailleurs. Certains préféreront économiser pour avoir une meilleure récompense quand d’autres préféreront peut-être partir en voyage. Découvrir de nouvelles cultures, un nouveau pays, une nouvelle langue pourquoi pas. Tout simplement s’évader, s’extérioriser pour oublier tout la pression que le travail peut engendrer, prendre du temps pour soi, ne plus penser à ses occupations, se reposer bien évidemment, pour repartir en forme afin de recommencer l’activité professionnelle. Cercle de la vie. Travailler. Profiter. Travailler. Pourrait-on qualifier ce moment de non-occupation d’oisiveté ? Non. La personne s’étant donnée du mal, il est évident et essentielle pour son bien-être de s’octroyer une pause. Même si celle-ce est passive, n’oublions pas qu’elle a œuvré pour mériter ce congé. Il faut donc bien distinguer la paresse d’un être fatigué d’efforts, qui ne demande qu’à se reposer que la paresse d’un être ne voulant rien faire, sans aucune volonté, sans aucun objectif, aucun projet à accomplir. De plus, comme dit auparavant, le travail est la base de tout. Toute personne qui travaille sera récompensée un jour ou l’autre. On ne travaille jamais pour rien. Même si parfois nous pouvons penser le contraire. Prenons un autre exemple, une discipline assez exigeante à savoir la musique. Quelqu’un qui apprend à jouer d’un instrument ne prendra réellement que du plaisir que s’il passe par la case « travail ». Ce serait donc un des points essentiels dans des domaines tels que la musique pour prendre du plaisir à jouer. De même que le théâtre, le comédien a l’occupation bien ennuyante au début de l’apprentissage du texte mais s’il ne se force pas à le mémoriser, il ne prendre jamais de plaisir sur scène, le texte étant la base de son rôle . Une fois le texte acquis, ce n’est que du plaisir pour celui qui l’interprète car il peut enfin se libérer et s’exprimer entièrement. Dans ces arts tout comme dans le domaine professionnel, l’oisiveté est donc à part entière une faute. Un être oisif, qui ne veut rien, sans occupations, qui n’a pas la soif de découvrir des nouvelles choses, de découvrir le monde autre qu’en restant passif n’atteindra jamais réellement d’objectifs qui pourraient le rendre fier et méritant. Comme le dit le proverbe « Qui ne tente rien, n’a rien ! ». Je pencherai donc à penser que oui, l’oisiveté est une faute mais reste certaine d’un côté que cet état d’esprit dépend de chacun.

En effet, si nous prenons l’oisiveté comme si c’était une qualité puisque, je le rappelle, la définition dit que c’est l’état dans lequel une personne se complaît donc un état qui lui satisfait, dans lequel celle-ci s’épanouit. Et si cette personne était heureuse en étant oisive ? C’est propre à chacun de penser que, oui ou non, c’est une faute. Il faut en juger vis-à-vis du caractère de chacun. Certaines personnes pourraient, en aucun cas, ne rien faire de leur journée parce que habituées à s’occuper que ce soit professionnellement ou dans le domaine privé à travers les loisirs, la famille ou encore les amis… Mais au contraire de ces personnes là, certaines s’épanouissent en ne faisant rien, en étant paresseux. N’est pas quelque part une forme de recherche du bonheur ? Peut-être même certaines personnes seraient à la recherche de cet état. Ne rien faire et s’y complaire ? Beaucoup de gens passent énormément de temps à travailler si bien qu’il peuvent s’en oublier, oublier parfois de profiter de beaux moments que ce soit avec leur famille ou leur amis tellement pris par leurs occupations. C’est triste mais c’est une réalité. Nombreux sont les liens nous relayant à l’activité professionnelle dans la sphère privée comme le téléphone portable par exemple ou encore les mails sur l’ordinateur. Nous ne sommes jamais vraiment « coupés » totalement de notre activité professionnelle. Alors les être oisifs sembleraient être là enviables en quelque sorte. Ils ont trouvé un état qui les rend heureux et dans lequel certainement beaucoup d’hommes préféraient s’y épanouir plutôt que dans le travail qui est également source de stress, de pression. Il y a une phrase d’une chanson d’un artiste contemporain nommé Lomepal qui dit « A quoi bon suer au boulot si je ne vois pas le ciel bleu » (Chute libre, 2014). Pour moi ces mots ont toute une signification : celle que l’homme est tellement omnibulé par sa réussite, par son travail qu’il en oublie les choses essentielles de la vie comme profiter de sa famille, ses amis, etc… « ne pas voir le ciel bleu » autrement dit, ne pas profiter des petits plaisirs de la vie. C’est un peu hyperbolique mais assez significatif je trouve. C’est là une généralité mais qu’en tant qu’homme avons tendance à oublier pris dans ce cercle métro-boulot-dodo.

Alors bien évidemment qu’avec cette société où il faut travailler avant tout, toujours produire plus, l’oisiveté est vue comme une faute, la paresse comme un défaut. Il n’y a aucune fierté à avoir étant paresseux ou oisif car aucun mérite puisque pas d’occupations dans cette société où il faut à tout prix être occupé même si c’est au prix de quelques sacrifices. Nous vivons dans une société capitaliste où le travail compte avant tout. Difficile donc, avec cette mentalité de voir quelqu’un paresseux comme ayant cette qualité qui n’en est pas vraiment une donc même si certains l’envierait peut-être. Un instant sans rien, sans occupation, un instant volontaire et s’y complaire.

En définitive, une partie de moi pencherait sur le fait que oui, l’oisiveté est une faute car le travail mène à tout, nous pouvons réussir qu’en travaillant, qu’à travers l’exercice et c’est surtout un moyen de se dépasser, de se rendre fier et peut-être se découvrir un peu plus. A travers le travail nous pouvons nous prouver des choses à nous-même et voir que l’on peut réussir à force d’entraînement qui donne confiance en soi. L’autre partie de moi verrait cet état comme difficile à atteindre et donc rare en quelque sorte car nous faisons partie d’un société où prône le travail avant tout, nous sommes dans une société capitaliste où chaque moment de répit est à saisir et où l’absence d’occupations se fait rare.

 

 

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