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Avis de publication (Editions Ovadia) : « La mort aujourd’hui » (Essai sur le déni social de la mort et la fin de vie).

Posté par chevet le 16 septembre 2019

 

La-mort-aujourd-hui

 

       Depuis la seconde moitié du XXe siècle, de nombreux sociologues, anthropologues et historiens, ont souligné le fait que la civilisation occidentale se caractérisait par un « déni social de la mort » et qu’elle procédait ainsi à une occultation dramatique des personnes en fin de vie. La mort et le mourir seraient devenus « tabous » et notre culture jeuniste et consumériste nous inciterait à en détourner nos regards.
Vouloir éloigner le tragique, faire décliner l’importance traditionnellement accordée aux rituels funéraires et au deuil, tel serait un des aspects majeurs de notre culture. Les sciences sociales étaient alors accusatrices : elles dénonçaient le « mal mourir » et faisaient la critique d’un monde où le rapport à la mort avait globalement cessé d’être familier.
Ce constat exigeait donc un remède : dès les années 80, se sont développés en France les soins palliatifs et de nombreux débats sur la fin de vie ont fait leur apparition dans l’espace public (notamment la question de l’euthanasie et celle du refus de l’acharnement thérapeutique). Pour autant, avons-nous aujourd’hui réussi à modifier notre rapport au mourir, à « resocialiser la mort » et à mieux accompagner les personnes en fin de vie ? Avons-nous trouvé les moyens d’enrayer le processus d’occultation de la mort dont beaucoup pensent qu’il est inévitablement pathologique ?
Le but de cet ouvrage est alors de reprendre l’ensemble de ce débat sociologique et, au-delà, de proposer une réflexion philosophique sur le rapport de l’homme moderne à la mort : la philosophie peut-elle encore se concevoir comme une « préparation à la mort » et peut-elle vraiment nous aider à vivre en tant que mortels ?

 (disponible par commande dans toutes les librairies)

https://livre.fnac.com/a13634678/Eric-Chevet-La-mort-aujourd-hui

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Morale « dyonisiaque » et morale « appolinienne ». Le bonheur, est-ce la « paix intérieure »?

Posté par chevet le 7 septembre 2019

Un texte de Marcel Conche qui explique un aspect de la pensée de Nietzsche :

 

«C’est Nietzsche qui a parlé de « sagesse tragique » (dionysiaque), qu’il oppose à la sagesse de la quiétude, du bonheur calme et restrictive (appolinienne). Comment la caractériser ? La sagesse tragique consiste dans l’affirmation totale de la vie. Le sage appolinien, l’homme moral, l’ascète, affirment l’homme moins quelque chose (la raison sans la passion, la volonté sans le désir…). Cela parce qu’ils n’approuvent qu’une partie d’eux-mêmes : ils scindent l’homme de divers côtés et ils choisissent. Au prix de cette mutilation, ils atteignent, la paix, le bonheur ? Mais quel bonheur ? La raison est un état de froideur et de lucidité. Il n’y a pas de bonheur sans quelque débordement, sans quelque ivresse. [...] Les philosophes et les sages ont conçu le bonheur comme absence de souffrance. C’est là leur erreur fondamentale, qui les a conduits à substituer à l’homme et au monde réels un homme et un monde plus vivables, sans doute, mais fictifs. Car l’homme « vertueux », le monde « vrai », etc., ne sont que des fictions. Ce dont il s’agit, c’est d’être heureux dans le monde tel qu’il est, c’est-à-dire dans le monde de la souffrance. D’aucune façon on ne reculera devant la souffrance, ni on ne voudra l’amortir, l’esquiver, ou l’abolir : « La volonté de souffrir : il vous faut momentanément vivre dans le monde, ô créateurs »1.

Une âme dans laquelle la souffrance et le triomphe sur la souffrance vont de pair, c’est cela l’âme tragique ; être un lieu dans lequel se rassemble la souffrance du monde pour pouvoir le supporter ! « Les plus grands hommes sont ceux qui souffrent le plus de l’existence – mais qui disposent des plus grandes forces pour réagir »2. Et Nietzsche devait se penser comme non loin de « ces grands hommes », lui qui avouait : « Chez moi, l’excédent de souffrance a été énorme à tous les âges de ma vie ». L’excédent de souffrance a été énorme (de là la sympathie de Nietzsche pour Epicure, celui qui, plutôt que de se laisser terrasser par elle, invente, à partir de la souffrance, un bonheur nouveau)

La volonté tragique ne veut pas ceci ou cela dans le monde, elle ne veut pas au dehors ou à côté du monde, elle veut exactement ce qui est. Elle parvient dit Nietzsche à  « l’affirmation dyonisiaque de l’univers tel qu’il est sans possibilité de soustraction ». Il rajoute : « Quand nous employons le mot « bonheur » au sens que lui donne notre philosophie, nous ne pensons pas avant tout, comme les philosophes anxieux, à la paix intérieure, à l’absence de douleur, à la quiétude, à une position d’équilibre, à quelque chose qui ait à peu près la valeur d’un profond sommeil sans rêve. Notre monde, c’est plutôt l’incertain, le changeant, le variable, l’équivoque, un monde dangereux »3 ».

 

Marcel Conche. Orientation philosophique. (De la sagesse tragique) p. 161-162. P.u.f., 1990.

 

1 Nietzsche, La volonté de puissance, t. II, P.360.

2 Ibid.

3 Ibid, p.369.

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