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Bonne copie d’une élève : « L’inconscience a-t-elle valeur d’excuse? » (par Mouhou Kenza – tes – 2013)

Posté par chevet le 13 février 2013

           Tout d’abord, pour répondre au sujet « l’inconscience a-t-elle valeur d’excuse? », il serait bon de définir et donc, de délimiter la notion d’inconscience qui, peu utilisée sous sa verbe nominale, mais plutôt sous sa forme adjectivale « être inconscient », peut porter à confusion. Le terme d’inconscience provient du latin in-conscientia, formé de cum qui signifie « avec » et scientia qui signifie « science ». L’inconscience signifie donc « le défaut de conscience ». En d’autres termes, elle peut être perçue comme la réduction, la perte ou le déficit de lucidité chez un individu. Ce peut être un état passager ou prolongé, durant lequel un individu agissant ou éprouvant quelque chose ne possédera pas simultanément une connaissance de ses actes, sensations ou réflexions. Le problème qui se pose est alors le suivant: comment une personne inconsciente, ne sachant pas ce qu’elle a fait, subit, entendue etc, peut être tenue responsable ou irresponsable de ses actes? Comment la juger pour un acte qu’elle n’a pas commis, ou du moins qu’elle pense ne pas avoir commis puisqu’elle n’était pas maîtresse d’elle-même? Dans les sociétés où la présence d’une justice implique la présence de responsables moraux, l’inconscience peut-elle vraiment être admise comme défense valable? Il est important de distinguer deux formes d’inconscience: la première est psychologique, c’est-à-dire inhérente aux états de mort, de coma ou encore de somnambulisme. De même, lors de pathologies mentales telles que la folie, ou d’intoxications comme l’ivresse, la conscience du sujet est mise « en veille », baignée dans une sorte de léthargie. La seconde attrait à un aspect plus moral et peut s’illustrer à travers l’exclamation « Tu es totalement inconscient! », destinée à un individu ayant agit stupidement, sans évaluer préalablement les conséquences de ses actes. Plus que la traduction d’un mécontentement, cette expression est avant tout un reproche. En effet, l’Homme est doté d’une conscience mais n’en fait pas bon usage. On l’accuse ici de ne pas faire preuve de jugement, alors que l’on attend de lui qu’il témoigne justement, à travers son comportement, de cette pleine conscience. Selon le sens que revêt l’ « inconscience », le rapport à la faute ne sera pas le même. La « valeur d’excuse » que l’on pourrait -ou non- donnée à l’inconscience entraîne de fait la notion de tord, de manquement aux règles. Un mal à été fait, le coupable doit s’en expliquer. L’excuse est donc la justification apportée par ce dernier, qui à travers un certain nombre de facteurs, cherche à expliquer qu’il est en fait « victime » d’un lien de causalité involontaire, il cherche à minimiser ses actes et à se déresponsabiliser, en nous invitant à penser « ce n’est pas vraiment de sa faute ». Nous pourrions donc dans une première partie étudier en quoi l’inconscience peut être considérée comme une excuse recevable, dans une deuxième partie nous pourrions nous intéresser aux différentes théories refusant l’irresponsabilité découlant de l’inconscience, puis nous verrions dans une dernière partie que l’inconscience est avant tout une notion complexe et ambivalente nécessitant un jugement adapté.

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         L’inconscience, au sens psychologique du terme, est la période durant laquelle le sujet n’a plus conscience de soi, de ses actes, de ce qui l’entoure, des évènements qui se déroulent près de lui etc. Il n’a pas le même rapport au monde qu’un être sain d’esprit, prenons l’exemple d’une personne victime de folie, elle n’aura peut-être même pas idée de ce qu’est un esprit sain, de ce qui est considéré comme la « normalité psychologique » et verra le monde d’une toute autre manière, persuadée d’avoir raison et que ce sont les autres, les fous. Une telle personne n’aura donc aucun repère communs à ceux des gens qui l’entourent, peut-être même aucune notion du Bien et du Mal. Sa conception du « juste » n’aura rien à voir avec la notion d’un « juste » universel, défendue par exemple par l’Organisation des Nations Unis, notamment à travers des textes fondateurs tels que les droits de l’Homme et du citoyen. Un individu si éloigné du monde moral des Hommes pourrait-il être jugé selon les lois de ce monde? Cela aurait-il un sens que de condamner à des peines de prison une personne atteinte d’une pathologie mentale telle que la folie? Cette question ne date pas d’hier, en effet cette réflexion a débouché au 19ème siècle sur l’introduction dans le code pénal napoléonien, de l’article 64, dans lequel il apparaît qu’ « il n’y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l’action, ou lorsqu’il a été contrait par une force à laquelle il n’a pas pu résister ». Cet article, en plus de déresponsabiliser l’individu inconscient, réfute le statut de « faute », de « tord », donné à son action. Un homme saoul ou malade mentalement pouvait donc tuer, ce n’était pas un crime.

D’une certaine manière, cela rejoint la vision de la responsabilité que défend le philosophe anglais John Locke. Dans « comment les lois déterminent-elles la responsabilité? », Essai sur l’entendement humain, livre II, il établit une différence entre la valeur d’excuse selon « les lois humaines » et celle de la justice divine, incarnée par « le jugement dernier ». Pour lui, la justice humaine punit les accusés en fonction de leur degré de conscience, mais que dans des cas d’inconscience psychologique passagère, tels que le somnambulisme ou l’ivresse, il est difficile de faire la différence entre une inconscience avérée ou feinte, et de fait, la justice ne peut la recevoir comme excuse valable. Cependant, le plus important pour lui reste ce qui suit: le jugement par Dieu. D’après lui, c’est le moment où tous les secrets des Hommes sont mis à nu, et que raisonnablement, personne ne sera tenu de se justifier d’actes dont il n’a pas eu connaissance; « sa seule conscience l’accusant ou l’excusant ». Ainsi, son inconscience n’excuse pas un individu au sens de « justifie voire pardonne son acte », mais bel et bien au sens de « pas de conscience, pas de crime », les actes inconscients n’étant pas ‘décomptés’, d’où le parallèle avec le code napoléonien de 1810. Cependant, cette vision des choses n’est plus d’actualité au jour d’aujourd’hui, la différence étant faite entre la culpabilité (allant de pair avec la reconnaissance de la faute) et la responsabilité. On peut être coupable, responsable et donc condamnable, ou coupable, irresponsable et incondamnable. Le lien pourrait d’ailleurs être fait avec les animaux, qui sont des êtres totalement étrangers à notre système de pensée (bon/mal, juste/injuste, acceptable/inacceptable…) et qui dans ce sens, sont déresponsabilisés de leurs actes, même s’il est avéré qu’ils ont eu lieu et sont préjudiciables (le loup mangeant un troupeau de brebis).

Un être inconscient serait donc irresponsable de ses actes car dans l’incapacité totale d’en prendre connaissance, de les expliquer ou de les maîtriser. Dans cet optique, il faudrait presque ajouter au code napoléonien: « une force, dont il n’a pas eu connaissance et donc, contre laquelle il n’a pas pu lutter et résister ». C’est ce qui caractérise la théorie de l’inconscient du médecin autrichien et pionnier de la psychanalyse, Sigmund Freud. L’inconscient selon Freud diffère de l’inconscience, il ne faut pas le confondre avec la forme adverbiale « être inconscient ». L’inconscient est ici un nom, il représente une zone à part entière de notre esprit. L’esprit humain serait divisé en trois parties, le moi (la conscience), le surmoi (partie de notre inconscient forgée suite à des processus sociaux tels que l’éducation et l’intériorisation d’interdits moraux) et le ça (la réalité la plus profonde de l’esprit, renfermant pulsions et désirs inavouables). Le surmoi censure le ça, c’est le « refoulement mécanique » du désir, maintenu dans le ça. Son origine serait la pression sociale mais aussi les chocs dus aux différents traumatismes vécus dans l’enfance. Ce processus de refoulement expliquerait les rêves, la mémoire, les pulsions ou encore les actes manqués, et par la même occasion, conditionnerait les comportements humains. Dans certains cas d’inconscience psychologique, tels que les pathologies mentales, l’inconscient de Freud jouerait donc un rôle important; il en serait la cause. Cette hypothèse, ouvrirait la voie d’une responsabilité plus collective qu’individuelle. C’est-à-dire que les actes commis par un sujet malade sont déterminés par la mauvaise éducation, les mauvais traitements et traumatismes qu’il a subit par le passé. Ils seraient donc la somme des actes individuels qui fomenterait des comportements dits « dérivants ».

Il est vrai que l’éducation semble être déterminante dans la conception mentale du monde que se font les individus, l’inconscience au sens moral est d’ailleurs chassée des esprits dès le plus jeune âge, on cherche à « responsabiliser » les enfants, il faut leur « apprendre » à se comporter correctement. Tant que ce stade n’est pas acquis, ces faits et gestes seront excusés. Un enfant de 5 ans qui, pour réchauffer son chat, le met dans une cheminée se fera réprimander, mais en sachant que personne ne lui avait dit de ne pas le faire, ni expliqué pourquoi, comment condamner son ignorance? Qui peut lui reprocher son acte ? Une fois de plus, l’accusé est coupable, certes, mais irresponsable, alors qu’au contraire, son entourage pourrait être reconnu responsable des conséquences de cette inconscience. Cependant, l’explication psychanalytique par l’inconscient rencontre des limites, notamment celle-ci: si une partie de ma vie mentale m’est inconnue et qu’elle agit sur moi, se révélant dans mes actes et mes paroles, sans que je m’en aperçoive ou me l’explique, que signifie être moi-même, comment considérer que je suis libre et seul souverain ?

C’est pour cela que certains philosophes comme René Descartes ou Alain pensent que la vie mentale et la vie consciente sont deux choses synonymes. Ils n’acceptent pas la dualité de l’âme. Ainsi, selon la théorie cartésienne, la pensée est nécessairement consciente; « il n’y a pas de pensée dans le moment qu’elle est en nous dont nous n’ayons une actuelle connaissance ». En cela, ils sont en contradiction totale avec Freud, d’autant plus qu’Alain soutient que s’il existe un inconscient, il est physiologique: tout ce qui ne serait pas conscient relèverait du biologique, du corps. Il réfute la théorie du « le moi n’est pas le maître dans sa propre maison », qui relève d’une dissociation de la personnalité et l’acceptation de la dangereuse hypothèse que l’Homme puisse être soumit à un autre Moi. Cela entraînerait une perte de souveraineté inconcevable. Dans Eléments de philosophie, Alain illustre sa théorie avec l’exemple du rêve : pour lui c’est une expérience involontaire, mais pas une pensée. Le rêve est donc biologique et non psychologique. Cette réflexion permet de préserver la vision d’un Homme responsable de lui-même.

Pour Sartre, l’Homme est confronté dans sa vie à des situations qui nécessitent de faire des choix, et peut importe le projet qu’il choisit, il est responsable de lui-même et se détermine librement par rapport à elle. Il est donc en désaccord avec Freud, et lui oppose une critique fondamentale, qui est que l’Homme est souverain et que suivant ce raisonnement, l’inconscient n’est qu’une réaction purement humaine consistant à fuir cette trop grande liberté, c’est la théorie de « l’angoisse ». Les comportements que Freud expliquait par l’hypothèse de l’inconscient, Sartre les expliquera par « la mauvaise foi » de l’Homme, qui manifeste que l’Homme du fait qu’il ait, justement, une conscience, adopte des comportements ambiguës ou déviants. La mauvaise foi prendrait donc la place de l’inconscient freudien et consisterait pour un être à se mentir à soi-même, à ignorer ce qui lui plait et à tout faire pour ne pas y prêter attention. Pour Sarthe, se mentir à soi-même est donc le moyen de se sortir de situations gênantes, humiliantes ou dures à supporter. Le sujet adopte donc toutes les raisons qui le confortent dans sa mauvaise foi, jusqu’à vouloir y croire. Ce refoulement, cette censure, n’est pas inconscient comme le prétend Freud, au contraire il s’agirait d’un phénomène dont chacun à connaissance, puisqu’il est difficile d’imaginer notre esprit censurer quelque chose dont nous n’avons pas conscience. Au contraire, il faut bien connaître une chose pour pouvoir la censurer, la théorie de l’inconscient serait donc en elle-même contradictoire. La mauvaise foi devient donc l’outil de censure, et remplace en cela le « surmoi » freudien, ce qui permet de préserver l’unité du psychisme humain et d’éviter l’inévitable scission inhérente à l’inconscient.

La mauvaise foi apparaît donc comme la caractéristique majeure de la condition humaine. L’Homme, pour échapper à l’angoisse du trop grand nombre de choix que lui propose sa condition d’Homme libre, préfère sa retrancher derrière un inconscient qui apparaît comme un leurre. L’Homme est donc un lâche qui n’assume pas sa responsabilité et démontre sa mauvaise foi dans tous les actes de la vie. L’hypothèse même de l’inconscient apparaît comme de la mauvaise foi, Freud est donc pour Sartre un être de mauvaise foi qui ne fait qui fuir, refusant de voir qu’il ne se détermine que par lui-même; « Si nous avons défini la situation de l’homme comme un choix libre, sans excuses et sans secours, tout homme qui se réfugie derrière l’excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi » (L’existentialisme est un humanisme). L’inconscient, et donc, une partie de l’inconscience, à travers les pathologies mentales ou autres comportements à priori inexplicables que Freud justifie comme déterminés par l’inconscient, sont des excuses dans le sens où elles tentent de cacher la liberté totale de l’Homme et son obligation à faire des choix; en somme, à cacher le rôle de sa responsabilité dans tous les actes qu’il entreprend. L’inconscient a donc valeur d’excuse, plus à un crime ou à une faute, mais face à une une trop grande liberté et responsabilité. Pour Sarthe, c’est une mauvaise foi consciente.

L’Homme est donc responsable de lui-même, il doit assumer qu’il est un être déterminé par sa seule volonté, que sa prétendue ignorance de lui-même, de ces actes, est fausse et équivaut en se sens à un mensonge, un mensonge envers soi-même, mais aussi envers le système pénal et la justice, envers toute autorité de référence devant laquelle nos actes doivent trouver justification. Pour les croyants, l’Homme apparaît donc doublement fautif puisqu’à « l’heure du jugement dernier », il devra répondre, et de ses actes, et de ses mensonges. Si l’on suit le raisonnement de Sarthe, la théorie de John Locke est erronée, et pousse l’Homme vers cette lâcheté qui le ronge; la société a aussi sa part de responsabilité dans cette « mauvaise foi générale » puisqu’elle construit les Hommes à cette image. Mais alors pour Sartre, un individu victime de somnambulisme, qui aurait défenestrer ses enfants, ne serait pas déterminé par des traumatismes et pulsions inavouables comme le penserait Freud, mais bien par de la mauvaise foi, qui animerait ses gestes. Cet individu devrait alors assumer que son acte était conscient et consenti, mais masqué par un voile mensonger que l’on pourrait résumer ainsi « Ce n’était pas moi. Je ne sais pas comment une telle chose a pu arriver. Je ne l’ai jamais voulu… ». Mais alors, cela signifierait qu’un être victime d’une pathologie relevant par exemple de la folie, se mentirait à lui-même ? Jouerait la comédie ? Serait conscient de ses actes mais, n’étant pas acceptés par la société, les camouflerait sous le couvert de l’inconscience?

Il est vrai que l’inconscience, selon son sens moral, est vu comme un défaut. L’Homme se doit d’exercer son intelligence, ou du moins, sa réflexion (jugée rationnelle) et de prendre conscience du poids de ses actes avant leurs réalisations. Il est obligé d’assumer le fait d’être un être conscient! Ici, son inconscience ou autrement dit, son absence de jugement, sera, au contraire de l’individu inconscient psychologiquement, ce qui le rendra coupable du délit, crime, ou tout action nécessitant justification. C’est son inconscience qui l’accablera face à un juge. Mais comment faire la différence entre ces deux formes d’inconscience? Il arrive que lors de procès, il faille procéder à des expertises psychologiques déterminant le type d’inconscience de l’accusé, le résultat dirigeant d’ailleurs la décision du tribunal dans le placement de l’individu; prison ou hôpital psychiatrique. L’opposition réside ici entre punir et soigner. On peut dès lors penser que la possibilité de frauder existe: un individu voulant à tout prix éviter la prison se ferait passer pour malade, bien que les techniques psychanalytiques utilisées pour déceler d’éventuelles pathologies semblent reconnues et fiables puisqu’utilisées dans ces cas là comme base de l’action judiciaire. La fraude pourrait également s’effectuer dans le sens inverse, avec des expertises qui ne détecteraient pas psychologiquement malades des individus qui visiblement le sont, la fin du film A la folie… pas du tout de Lætitia Colombani en est une belle illustration et laisse le spectateur plus que perplexe; en effet le personnage principal, joué par Audrey Tautou, quitte l’hôpital psychiatrique dans lequel elle est internée puisque son médecin la juge « guérie ». Lorsque sa chambre est nettoyée, on découvre une vaste œuvre sur le mur, cachée derrière son armoire: des centaines de cachets assemblés reproduisant le visage d’un homme, celui qui l’a littéralement rendue « folle ».

Donc, il semble exister des formes et des niveaux d’inconscience, durant lequel le sujet ne se contrôle plus et ne possède plus la connaissance de ses actions. Ces niveaux équivaudraient chacun à une part de responsabilité spécifique, comme sur une échelle graduée, plus le niveau d’inconscience serait haut, plus le niveau de responsabilité serait bas. Il reste cependant indéniable que sur cette échelle graduée, la forme d’inconscience est aussi un facteur à prendre à compte! C’est à dire, si la cause est psychologique ou morale. En effet, les intoxications du type alcoolémie sont psychologiques, mais résultent d’une inconscience morale. C’est pour cela qu’un chauffard hautement alcoolisé sera envoyé en prison et non en hôpital psychiatrique. On estime qu’étant conscient moralement, il aurait du éviter ce « passage » à un état d’inconscience psychologique, jugé dangereux. Ce qui nous amène à nous demander si l’inconscience est dangereuse. Le sujet proposé semble implicitement indiquer qu’elle l’est, puisque la notion d’excuse est avancée. On lie donc intimement faute et inconscience, faute qui serait causée par l’inconscience, mais cette dernière n’étant pas contrôlable par l’individu, l’innocenterait. Mais cela supposerait que l’Homme n’est pas maître de lui-même, mais plutôt déterminé par des forces violentes et inconscientes.

Il est donc plausible que l’Homme puisse être inconscient au sens psychologique et moral du terme, et que certaines maladies, qui provoquent de l’inconscience psychologique, puissent s’expliquer par un inconscient de type freudien. La justice doit donc lier psychanalyse, psychologie et fermeté, notamment lorsque des actes de mauvaise foi sont mis à jour. La limite entre la feinte et l’inconscience est en effet très mince. La théorie de Freud est réfutable dans le sens où elle est improuvée et se base sur la sexualité des individus. Elle est très subjective et varie selon les individus. Au contraire, l’analyse de Sarthe a tendance à considérer tout acte inconscient comme de mauvaise foi, ignorant les pathologies mentales violentes et prouvées, et qui nuisent à la vie des personnes touchées par ses maladies, puisque logiquement, si ces personnes en étaient réellement conscientes, elles pourraient utiliser leurs mauvaises fois comme excuses dans le but de servir leurs intérêts, mais dans le cas où elles agissent contre leurs propres intérêts et se mettent elles-même en danger, il est difficilement concevable que ces actes soient conscients.

Pour conclure, on peut donc dire que l’inconscience est plurielle, elle se décline sous différentes formes et différents degrés qui déterminent le niveau de responsabilité de l’Homme face à une justice et un système pénal qui, de paire avec des experts psychiatres, ont introduit cette notion « d’actes inconscients », non voulus et non contrôlés, qu’ils soient dus ou non à l’inconscient freudien ou à la mauvaise foi sartrienne. S’il est accepté que l’Homme a ses moments de démence, la responsabilité de ses actes ne peut lui être imputée, on cherche donc d’autres coupables, d’autres responsables, qui sont alors l’entourage; tout simplement parce qu’il est impossible ou très difficile de pardonner, d’excuser. C’est un travail sur soi qui n’est pas inné, d’autant plus lorsque la justice et le système pénal existent avant tout pour « faire la loi », c’est-à-dire dans l’optique de défendre, accuser et punir.

2 Réponses à “Bonne copie d’une élève : « L’inconscience a-t-elle valeur d’excuse? » (par Mouhou Kenza – tes – 2013)”

  1. brion dit :

    Beau travail, tout comme l’ensemble de ce site.
    C’est un beau sujet, que… du coup je ne peux plus donner à mes élèves puisqu’ils trouveront, non pas un corrigé, mais une copie d’élève à leur disposition. Or mes élèves, sans désespérer du genre humain, ne sont pas plus ni pas moins vertueux que d’autres, ils se contentent d’aller au plus efficace et au plus rentable. Il me semble donc dommage de leur couper l’herbe sous les pieds. nous savons, cher collègue, depuis le Phèdre que le pharmakon est un poison si son usage est sans prescription.

  2. Etudiante dit :

    L’introduction me paraît assez longue par rapport aux autres parties sinon travail excellent

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