Le multiculturalisme (GOINVIC Nicolas et CARRE Florian- TS).

Posté par chevet le 9 novembre 2009

 

Le Multiculturalisme

Introduction : Depuis la révolution française de 1789, la Déclaration universelles des Droits de l’Homme a mis en place une égalité entre les individus reposant sur des libertés fondamentales. C’est sur cette égalité que s’appuie la République. Pour l’obtenir, elle s’appuie sur des concepts juridiques universels, des valeurs communes. Dans ce type de système, l’identité de l’individu n’est pas fondé sur sa culture mais plutôt sur une justice universelle qui serait supérieure à celle de chaque communauté comme le préconise la Déclaration des Droits de l’Homme. L’État autorise les différentes différentes religions, il est laïque mais n’y participent pas. Ce modèle est celui d’un modèle libéral. A l’inverse, une société multiculturelle prône l’intégration des différents communautés même minoritaires dans la sphère publique. Selon les multiculturalistes, l’individu se perd lorsqu’il n’adhère pas à sa communauté. Seule la communauté au quelle il appartient peut lui permettre de se forger son identité. On se retrouve alors dans un système où chaque communauté est représentée au niveau politique avec des droits particuliers. Ce modèle s’appuie toujours sur des principes universels mais au profit d’une politique de la différence. Ici, c’est le bien-être des individus qui prime sur la justice.

Problématique : L’État doit-il privilégier des droits universels permettant une égalité entre les individus ou plutôt des droits spécifiques aux communautés pour favoriser leur bien-être ?

     

     

I) Le modèle libéral : une politique universaliste

Le libéralisme des Droits de l’Homme fonde la reconnaissance d’une égale dignité des humains et cela autorise une politique universaliste (politique universelle) qui applique une politique égale pour tous sans tenir compte des différences : l’espace public doit donc neutraliser les identités collectives et l’Etat se donne pour but essentiel la défense des droits individuels identiques pour tous : la différence est donc renvoyée à la sphère intime.

Ainsi, l’Etat se contente de respecter les minoritées mais ne leur donne aucun droit supplémentaire et ces minoritées ne sont pas représentées au niveau de l’Etat lui-même.

A) La place de l’individu dans le modèle libéral

Dans ce modèle, tous les Hommes sont égaux en droits, en devoirs et en libertés et le seul but de l’Etat est de défendre tous cela sans s’occuper de la vie privée des Hommes.

La dignité de tous les individus est reconnu par les principes universels donc tout le monde est égal en dignité.

Le libéralisme démocratique repose donc sur le principe d’une société ouverte, fondée sur la tolérance et impliquant la diversité des opinions, des croyances, des valeurs sans que l’Etat n’y participe.

Et, pour construire un espace collectif commun, un « contrat social », il n’est donc pas nécessaire de faire référence aux valeurs spécifiques de telles ou telles traditions culturelles, il suffit de trouver des principes juridiques communs qui doivent s’appliquer à tous et qui fondent la vie collective.

B) La place de la religion dans le modèle libéral

Puisque l’Etat ne s’occupe pas de la sphère privée alors chaque individu peut exercer sa propre religion, il peut la montrer en toute liberté mais l’Etat ne doit pas y participer ainsi, dans un modèle libéral, l’Etat est laïque, c’est à dire que l’Eglise et l’Etat sont séparé et aucun des deux ne doit intervertir avec l’autre puisqu’aucune règle morale ne doit s’imposer à l’Etat.

Dans le libéralisme, la religion repose sur la liberté individuelle, mais surtout la liberté de penser.

Elle est reléguée à la sphère privée.

C) Les limites de cette politique

Cette politiques peut amener à un problème qu’est l’égalité des chances : une égalité des droits engendre-t-elle une égalité des chances ? (en 1960, 94 % des étudiants en universitéaux USA étaient blancs alors que les droits des noirs étaient proclamés)

Selon la théorie libérale, il existe des principes rationnels de justice qui fondent l’organisation de la société (par ex. tous les individus sont égaux en droits) qui constituent notre lien social. Le libéralisme politique affirme donc la priorité du juste sur le bien, la séparation du droit (sphère publique) et de la morale (sphère privée), ce qui autorise à l’Etat le fait de pouvoir rester neutre sur le plan des valeurs, des morales, des cultures particulières (chacun est libre d’avoir sa culture particulière dans sa sphère privée) tout en fondant des règles collectives communes mais à cause des ces règles collectives, les individus peuvent se perdre dans la masse de la société et donc perdre leur propre culture qui est relégé à la sphère privée.

Les individus risque d’être moins différents socialement les uns des autres puisque leurs cultures sont mises de côté par rapport à leur vie social et professionnelles, le libéralisme peut donc enlever les différences entre les individus.

On a aussi vu des exemples dans l’Histoire, notamment en Australie où l’Etat à détruit les aborigènes de façon à ce que leur culture mais aussi leur couleurs de peau n’existe plus.

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II) Une réponse à l’universalisme : la reconnaissance des cultures

A) Le communautarisme ( Charles Taylor )

Selon les communautariens comme Charles Taylor, l’identité individuelle ne peut exister sans une identité collective. L’individu a besoin de se reconnaître dans un groupe, une communauté pour fonder son identité. Seule la communauté au quelle il appartient peut lui permettre de fonder son «moi». C’est ce que nous explique le philosophe Canadien : «afin de découvrir en lui ce en quoi consiste son humanité, chaque Homme a besoin d’un horizon de signification qui ne peut lui être fournit que par une forme d’appartenance à un groupe».

Contrairement au système libérale, la représentation au niveau publique des communautés apparaît donc comme une nécessité. Selon Ch.Taylor, les valeurs de solidarité se perdent peu à peu dans un système libéral. Ils faut donc en modifier les fondements : les valeurs de référence ne doivent plus être basées sur des textes prônant une égalité mais plutôt sur des valeurs de nature traditionnelle, construites sur un passé mythique ou idéalisé. Il reproche également à ces systèmes ,qui se refusent à reconnaître les différences culturelles, une uniformisation des identités. Toutes les identités culturelles sont rangées dans un même «moule» alors que les individus présentent des spécificités. Il critique aussi la mise en place d’une culture dominante considérée comme neutre et universelle devant les cultures minoritaires considérées comme particularistes. En outre, la question de la reconnaissance de la dignité humaine par les systèmes libéraux est remise en cause par Charles Taylor. Il pense que la politique libérale voulue par Johns Rawls fondait une égale dignité entre les Hommes sur le fait qu’ils possédaient tous des caractères communs et universels. Ils avaient par exemple les mêmes droits du fait de leur égale dignité. ( d’où la mise en place d’une politique universelle ). Mais pour Taylor, il existe une autre manière de reconnaître la dignité humaine: on peut procéder à la reconnaissance de toutes les cultures mêmes minoritaires, de leur identité spécifique ainsi que les intégrer dans l’espace publique.

B) Une politique de la différence : le multiculturalisme

La politique de la différence a elle-aussi comme la politique universaliste, la reconnaissance universelle des droits pour origine. Mais elle l’utilise différemment : elle demande de reconnaître le droit universel des individus a posséder une identité propre, des valeurs spécifiques. Il s’ agit donc d’employer l’universalité au profit des différences. Le fondement d’une politique dite «multiculturaliste» ou «polyethnique» est d’accorder des droits particuliers à des communautés particulières. Toutes les ethnies sont alors reconnues mêmes celles qui sont opprimées ( comme les Indiens aux États-Unis ). Le multiculturalisme ne cherche pas seulement à aboutir à une reconnaissance, à une pluralité culturelle au niveau publique mais elle cherche à mettre en œuvre des mécanismes structurels pour permettre aux individus d’être des acteurs dans le fonctionnement de la société. Tous ce qui est lié à l’Etat ferait alors l’objet d’une diversité culturelle : les représentants dans les institutions, l’accès aux médias pour les minorités. Cette reconnaissance au niveau politique des différentes cultures serait alors le seul moyen pour la société d’unifier les individus. Selon Taylor, la démocratie en s’appuyant sur des principes, une justice égalitaire ne parvient pas créer une unité entre les individus. La démocratie ne peut parvenir à une unité qu’à travers une culture, des valeurs, un idéal. Il faut donc une reconnaissance culturelle et le libre développement des communautés.

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C) Les limites du multiculturalisme

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Le multiculturalisme consiste donc à intégrer les différentes minorités dans la sphère publique et de leur accorder des droits spécifiques. Mais à partir de quand peut-on considérer qu’une minorité mérite le respect ? Faut-il autoriser toutes les cultures mêmes celles dont les principes entrent en contradiction avec ceux de l’Etat ? Une culture, qui limite les droits de la femme doit-elle posséder des droits aussi important que celle, qui accorde une parité homme-femme ? Ces questions ont du mal à être résolues par le multiculturalisme. Il faudrait délimiter des critères qui feraient que telle ou telle minorité mériteraient d’être représenter mais pas telle ou telle autre. En outre; le risque, dans ce type de système est que l’individu tellement attaché à sa culture, à ses origines ne parvienne plus à se détacher de sa communauté. L’Homme serait alors, de manière systématique, attiré vers cette communauté sans même qu’il en ait fait l’examen critique. La liberté individuelle serait alors remise en cause. Il n’aurait alors plus la posssibilité de choisir si il veut ou non adhérer à telle ou telle communauté mais y adhérerait d’office. Ce choix est d’autant imposé qu’il ésiste des communautés où l’autorité réprimande toute personne voulant quitter le groupe. Ces réprimandes peuvent parfois aller jusqu’au lynchage et exécution en public. Mais la liberté individuelle n’est-elle pas le propre de l’Homme ? L’Homme doit alors mettre à distance son attirance vers la communauté et ses actes de répression et décider par lui-même si il veut ou non intégrer telle ou telle communauté. Enfin, un autre danger du multiculturalisme est de générer des conflits entre les communautés. En effet, une communauté peut se sentir supérieure à une autre, considérer que seules ses valeurs sont vraies et nier les autres. Dans ce cas-là, il y a d’une part des conflits intra-communautaires et d’autre part une forme de discrimination qui peut aller jusqu’au racisme. Ce sentiment de domination peut être accentué par l’attribution de droits collectifs. A ce moment-là, chaque communauté aurait la capacité d’établir son propre droit et pourrait alors le trouver meilleur que celui des autres. Ainsi on comprend bien que plutôt de rapprocher les communautés entre-elles pour créer une unité, le multiculturalisme pourrait au contraire accentuer les distinctions. L’individu risquerait alors de s’enfermer dans sa communauté.

III) La situation dans le monde

     

A) La France

D’aprés les définitions donné avant, on peut dire que la France est un pays libéral puisque c’est un pays laïque où chacun est libre de penser ce qu’il veut, d’avoir la religion qu’il veut …

C’est un système pas vraiment différent des autres pays européens, mais à cause du sentiment d’insécurité généralisé dans notre société, on assiste à un contrôle de plus en plus fréquent de l’individu (caméra de surveillance, contrôle d’identité …) et donc on s’écarte un peu de la théorie du libéralisme au niveau de l’individu puisque nous pouvons avoir l’impression de ne plus être libre.

De plus, la France n’a pas accepté le traité européen sur les langues régionales qui avait pour but de leur redonner une certaine impotance et de permettre aux gens de préserver leurs racines familiales et régionales.

La France veut donc imposer la langue française partout et mettre de côté les cultures minoritaires.

B) Le cas du Canada

Le Canada, aujourd’hui et déjà depuis plusieurs décennies, est un pays particulièrement axé sur le multiculturalisme. Actuellement, le multiculturalisme au Canada fait l’objet d’une politique officielle. Il existe par exemple depuis 1991 un ministère du multiculturalisme. Ce ministère a pour but de vérifier si la loi du multiculturalisme (adoptée en 1998 ) est bien appliquée par le gouvernement fédéral et ses ministères. Cette loi se donne différents objectifs : elle cherche à reconnaître que la diversité culturelle fait partie de l’histoire du Canada. Face au développement de pensées racistes suite à l’émigration, elle vise à faciliter les relations entre les communautés ainsi que leur compréhension mutuelle. Elle incite l’expression de chaque culture et son développement. La loi assure une égale protection des différentes cultures tout en tenant compte des particularismes. Ce texte a aussi pour but d’inciter les individus des différentes minorités à participer à l’organisation de la société en les intégrant dans les différentes instances politiques. Parellèlement à cette loi, il éxiste au Canada un programme du multiculturalismen qui a été révisé en 1995. Ce programme fonde encore aujourd’hui les quatre grands principes, les quatre principaux secteurs d’activité du multiculturalisme. Ces secteurs sont :

- la compréhension inter culturelle : développer le dialogue entre les différentes minorités. Ce dialogue a pour but de faciliter leurs relations.

- la lutte contre le racisme et la discrimination : engager les autorités des différentes minorités et le grand public à pratiquer un langage éclairé et à mettre en place des programmes visant à combattre le racisme et la discrimination.

- la participation civique : permettre aux individus de toutes les communautés de pouvoir participer au façonnement de la société.

- les institutions canadiennes doivent refléter davantage la diversité culturelle: elles doivent être un exemple pour les institutions fédérales et les aider à mettre en place des politiques, des programmes, qui tiennent compte de la diversité culturelle de la population canadienne et qui la reflètent.

On remarque bien que le multiculturalisme est une réalité concrète au Canada. Au niveau politique, cela se traduit par la mise en place d ‘une politique officielle du multiculturalisme. Dans le cadre de cette politique, on retrouve notamment une loi et un programme comme nous venons de le voir. Ces différentes mesures permettent aujourd’hui au Canada d’opérer une reconnaissance culturelle sans pour autant provoquer un repli communautaire. Cela est possible grâce à l’existence d’un dialogue entre les communautés, d’une lutte contre la discrimination et le racisme et de la possibilité de façonner la société au niveau politique pour les individus.

Conclusion :

Suite à l’étude de ces deux pays, on peut bien remarquer que deux systèmes s’opposent : un premier, qui privilégie l’égalité des chances reléguant ainsi la culture à la sphère privée, et un deuxième qui procède à une reconnaissance culturelle. Cependant, on a vu que ces deux modes d’organisation de la société connaissaient des limites, des dangers plus ou moins important. Ne faudrait-il pas plutôt accorder des droits culturels à chaque individu ? Ces droits seraient alors directement intégrer au droit ( constitution par exemple ) de l’État. L’ Homme pourrait ainsi exercer sa culture publiquement et sur un pied d’égalité.

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