La jalousie (Leplain Clémence et Schenrey Mélanie- TS1)

Posté par chevet le 3 février 2009

LA JALOUSIE

Le jaloux est celui qui va accorder trop de crédit à ses suspicions, comme l’exprime Corneille dans Le Menteur :  » La jalousie aveugle un coeur atteint, et, sans examiner, croit tout ce qu’elle craint « . D’une manière générale, on pourrait définir la jalousie comme un sentiment de dépossession, de l’affectivité positive (amour, amitié, estime) que l’on inspire à autrui. Toutefois, deux sens de la jalousie se distinguent : d’une part, on l’éprouve en constatant qu’un autre jouit d’un avantage que nous ne possédons pas et que l’on souhaiterait posséder (un enfant est jaloux du jouet de son camarade), d’autre part, on l’éprouve dans le cadre d’une relation amoureuse du fait d’une crainte (ou d’un constat) de l’infidélité de la personne aimée. Dans l’un comme dans l’autre cas, la jalousie est traitée négativement. Ainsi les stoïciens et les épicuriens, condamnent unanimement les  » troubles  » de l’âme qui viennent parasiter la vie sage et bienheureuse. La jalousie est bien une  » passion  » selon ces deux écoles, c’est-à-dire un «  pâtir  ». La jalousie prend possession de l’âme et l’empêche de voir clairement les choses. Le jaloux est celui qui se laisse posséder et ronger par ce sentiment. C’est donc moralement que la jalousie est condamnée. Elle est l’antagoniste de l’ ataraxia (absence de troubles), bonheur véritable.

La jalousie montre-t-elle un manque de confiance ?

Nous suivrons le plan suivant :

I La jalousie et ses causes

II La jalousie preuve d’égoïsme

III La jalousie: une maladie ?!

I La jalousie et ses causes

  1. Définition de la jalousie :

La jalousie est un sentiment que l’on peut éprouver envers d’autre personnes. Elle peut s’exercer à l’égard de nos amis, de nos collègues, de nos frères et soeurs, de nos voisins, de stars, d’inconnus croisés dans la rue, finalement de n’importe qui. Il y a pourtant une différence de jalousie que l’on peut ressentir. Oui car on ne ressentira pas la même jalousie envers une personne médiatique qu’en vers son conjoint. La jalousie est un désir de possession de l’autre. Freud parlait de pulsion d’emprise. Mais avant tout précisons que la jalousie est plus un problème individuel qu’un problème de couple. La jalousie que l’on peut ressentir peut avoir plusieurs causes.

B. Les causes de la jalousie

En effet il existe plusieurs causes à la jalousie tel que :

 

- l’Idéalisation de l’autre :

Parfois liée à la sous estimation de soi, l’idéalisation de l’autre apparaît également comme une source de jalousie.

En effet, cette idéalisation amène la certitude que l’autre ne peut qu’être désiré par tous le monde et

par conséquent la méfiance vis à vis de toutes les personnes qui peuvent approcher son partenaire idéalisé.

- L’insécurité:

La jalousie est liée au fait de sentir un danger ( réel ou imaginé, pour soi ou pour l’autre) et de considérer sa gravité. Les personnes jalouses manifesteront donc des signes de peur, voire d’angoisse qui rejailliront sur leur partenaire.

- Entretien du sentiment de jalousie :

Cette cause est directement liée à l’idée que la jalousie est une preuve d’amour. On peut le résumer

ainsi  » J’aime être jaloux : cela prouve la force de mon désir! « .

Ainsi en jouant sur la jalousie de leur partenaire certain croient accentuer le désir dans leur couple.

-la possessivité :

Dans une jalousie amoureuse, la possessivité peut être résumé par une phrase :  »  Je veux que l’autre ne soit qu’à moi et je ne supporte pas son désir de liberté  ». Cette possessivité est renforcée par la peur de perdre sa place privilégiée auprès de son partenaire. Il révèle aussi le désir (irrationnel souvent) d’être la source unique de ses plaisirs : sexuels et affectifs, mais pas seulement.

Ainsi on peut voir que certaine cause de la jalousie sont liés au désir que l’on peut ressentir.

C. la jalousie et le désir

«  La jalousie est inséparable du désir.  » Graham Greene (1904-1991) écrivain britannique

Le désir est toujours le désir de quelque chose, ce «   quelque chose  » nous manque, que nous en ayons un besoin vital ou pas. Posséder ce «   quelque chose  » nous conduirait à la totale satisfaction. Le mouvement du désir trouverait ici sa fin. Seulement dans la vie ça ne se passe pas comme ça. En effet, une fois que nous possédons l’objet désiré il perd très souvent son caractère attractif et notre désir se penche sur un autre objet. Mais cette pleine satisfaction du désir semble impossible car le désir ne cesse de se tourner vers de nouveaux objets dont il est privé. Sans un manque, le désir s’éteindrait.

Nous pouvons aussi penser que jamais le désir ne pourra trouver, dans le monde, d’objet qui lui convienne pleinement ainsi le désir se définit par une démesure à l’égard de ses objets convoités.

 

D) La preuve d’amour ?

Pour beaucoup de personne la jalousie est LE sentiment qui montre à son partenaire qu’on l’aime et qu’on tien à lui. Qui n’a jamais ressenti une pointe de jalousie en couple ?! N’est-ce pas là une preuve d’amour?!

 

Conclusion de la partie I :

Donc la jalousie est une preuve d’amour tant que l’on respecte l’autre. Elle peut prendre différentes formes et n’est pas toujours malsaine. A petite dose, elle est même «  normale  » On peut comprendre que certain affirme que la jalousie est une preuve d’amour, au sens où la jalousie est un amour déçu ou asymétrique ( je t’aime, tu ne m’aime pas et tu en aimes une autre). Mais la jalousie, tout de même, reste un amour sans bonté, un amour envieux, égoïste (le jaloux veut être le seul amour, il ne veut pas partager).

II La jalousie preuve d’égoïsme

Parce que j’ai peur de souffrir et de perdre l’autre, me retrouver seul m’angoisse. Le jaloux est quelqu’un qui marque la prise de distance avec autrui. En effet dans la jalousie amoureuse, le garçon ou la fille peuvent être jaloux car l’un d’eux est parti avec des amis par exemple… Dans ce cas, le jaloux n’accepte pas de voir l’autre avec des personnes extérieures à lui-même. Ici, le jaloux fait preuve d’égoïsme.

Prenons l’exemple de l’histoire d’Othello… Othello est un drame lyrique de William Shakespeare, voici son histoire :

Othello , chef de l’armée vénitienne qui vient de battre les Turcs,

Iago , son adjoint,

Cassio , commandant de la flotte,

Desdémone , l’épouse d’Othello,

Roderigo , un gentilhomme amoureux de Desdémone.

Iago voue une haine farouche à Othello tout en jalousant Cassio. Il suscite la jalousie d’Othello en lui faisant croire que sa femme le trompe avec Cassio. Comme pour donner raison à Iago, Desdémone plaide la cause de Cassio qu’Othello a dégradé. N’écoutant que sa colère, Othello se résout à la vengeance sur les conseils de Iago qui lui suggère d’étouffer sa femme. Othello tente une dernière fois de faire avouer Desdémone. Celle-ci s’y refuse n’étant pas coupable, il l’étouffe. Comprenant trop tard qu’il a été trompé par Iago qui s’enfuit, Othello se poignarde et s’effondre sur le cadavre de sa femme.

Dans cette histoire, la colère d’Othello l’a emporté sur son amour. Donc Othello, à cause de sa jalousie n’a pas réfléchi et est passé à l’acte de tuer sans comprendre. Othello a eu un comportement égoïste du fait qu’il n’est pensé qu’à son amour propre.

La jalousie, maladie de l’âme, est toujours inspirée par un égoïsme exclusif, qui veut être seul à jouir d’un bien et qui ne souffre aucun concurrent. Elle manifeste donc un amour égoïste, passionné, radicalement ouvert à une haine, pouvant être féroce, envers quiconque pourrait menacer la possession du bien auquel le coeur est attaché d’une façon désordonnée. C’est que la personne jalouse est une personne dont l’amour pour une autre n’est nullement un amour d’amitié qui ne peut pas exister sans gratuité et désintéressement mais reste au niveau d’un amour de convoitise. La jalousie, alors, dans la mesure où aucun remède efficace ne lui est appliqué, est en réalité ennemie de l’amitié à la façon d’une force aveugle qui la détruit. Elle s’oppose donc à cette amitié surnaturelle qu’est la charité. La personne jalouse, incapable d’aimer vraiment, est toujours inquiète, anxieuse, au sujet de l’objet de son attachement ; son esprit est vite envahi de soupçons, qui la portent à de fréquents jugements téméraires et à des accusations injustes d’infidélité. Elle craint constamment qu’une rivale lui soit préférée. Elle considère que l’être qu’elle aime, ou une fonction honorable qu’elle occupe elle-même, lui appartient, qu’elle en est la propriétaire. Sa passion la rend ombrageuse, intransigeante et toujours prête à se dresser contre tout ce qu’elle pense être un obstacle à ce qu’elle estime son droit exclusif de possession. «  La personne jalouse est incapable d’être magnanime*; elle est pusillanime**  », remarque saint Thomas, comme les petits enfants qui n’ont pas encore appris à partager, ou encore comme les vieillards aigris qui ne veulent pas être supplantés par des jeunes. Son attachement désordonné, avant d’être une cause de souffrances pour les autres, la fait terriblement souffrir ; il est pour elle-même la source empoisonnée d’un profond malheur.

*Magnanime : Qui a des sentiments nobles et généreux, qui pardonne.
**Pusillanime : Qui manque de
courage, de caractère; qui fuit les responsabilités.

«  Quand on est fâchée parce qu’il y a une belle fille dans les parages ou qu’on suspecte toujours notre conjoint du pire à la moindre occasion, on est certes une personne qui manque de confiance… Voilà le fondement même de la jalousie », estime la psychologue Paule Mongeau.

La jalousie : une maladie?

La jalousie est un manque d’estime de soi. Quand une personne éprouve de la jalousie, ce n’est pas dans l’autre qu’elle n’a pas confiance, c’est en elle-même. Elle se dévalorise tellement, «  je suis moche, je suis bête  » qu’il est  évident que son partenaire n’a qu’une envie, aller voir ailleurs. Le problème est «  qu’ailleurs  » est partout. Et contrairement à ce qu’on entend souvent ce n’est absolument pas une preuve d’amour. C’est une preuve de possessivité. Le jaloux pense que l’autre lui appartient. Or, on n’appartient jamais à personne. La jalousie est une pathologie qui fait souffrir. Elle est compulsive et ne s’arrête jamais (jalousie névrotique). A un degré important la jalousie peut provoquer un délire paranoïaque (jalousie psychotique), voire de la violence.
Il peut arriver aussi qu’à force d’être soupçonné de tous les maux et notamment d’infidélité, le partenaire finit par passer à l’acte. Le jaloux devient alors la victime. Paradoxalement il se sent apaisé, car il pense qu’il avait raison de ne pas avoir confiance. On ne peut pas guérir totalement de la jalousie mais on peut vraiment l’atténuer, mais il restera toujours un fond de fragilité. La thérapie consiste principalement à redonner confiance en soi à la personne jalouse

Conclusion :

La jalousie peut être issue d’un désir très important mais beaucoup de gens la considère comme une preuve d’amour. Quand on remarque que son partenaire s’éloigne, on fait tout son possible pour le rendre jaloux et ainsi voir que son partenaire tiens encore à nous. Seulement à force de jouer avec les sentiments, ces derniers finissent par s’user. Certaines personnes au contraire ne sont pas jalouses par preuve d’amour mais pas pur égoïsme. L’exemple le plus flagrant est dans Othello.

Mais dans certain cas la jalousie est tellement poussé qu’elle peut en devenir maladive et alors là la jalousie prend une tournure tout à fait différente. Elle peut pousser les gens à commettre des actes violents, à harceler leur conjoint…. Mais la jalousie révèle plus d’un manque de confiance en soi qu’un manque de confiance en son partenaire. Comme dit David M. Buss, psychologue , la jalousie est universelle, le produit d’une société capitaliste et un preuve d’amour… qui est parfois destructrice.

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