Plan du cours sur la religion

Posté par chevet le 21 septembre 2008

Cours de philosophie

Thème  : La religion

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La Création d’Adam est une fresque sur la voûte de la chapelle Sixtine, peinte par Michel-Ange de 1508-1512. Elle illustre l’histoire biblique tirée du Livre de la Genèse dans laquelle Dieu donne la vie à Adam, le premier homme. Chronologiquement c’est le quatrième panneau de la série illustrant les épisodes de la Genèse sur le plafond de la chapelle.

Introduction:  » La mort de Dieu « , une victoire de l’athéisme ?

I Déclin ou renouveau de la religion ?.

A) La religion comme lien social..

L’Emprise traditionnelle de la religion sur la société. Tocqueville et la religion.

B) Le processus de sécularisation :  » le désenchantement du monde « ..

Le déclin des pratiques religieuses et de la foi. La critique philosophique (Marx et Freud): la religion comme aliénation (les philosophies du soupçon). Science et religion (les conflits).

C) Le retour du religieux.

Le besoin de croire reste présent– les nouvelles formes de croyance- la religion comme réponse aux mutations du monde moderne.

II Philosophie et religion : le conflit de la foi et de la raison.

A) L’opposition rationalité- croyance religieuse (séparation foi-raison).

Science et religion : deux conceptions de la vérité (dogmatisme et scepticisme). Les conflits historiques. Le problème du fondement de la connaissance.

Théologie et philosophie : St Thomas, Pascal.

B) La rationalisation du concept de Dieu.

La question des  » preuves  » de l’existence de Dieu. (Les  » voies de ST Thomas).

La religion naturelle (Voltaire).

Le problème du mal (texte de A. Compte Sponville à propos de Marcel Conche).

Conclusion.

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 » Le jugement dernier  » : fresque biblique représentant le Jugement dernier, peinte par Michel-Ange sur le mur de l’autel de la chapelle Sixtine au Vatican au XVe siècle (Renaissance) sur la commande du pape Clément VII (Il est alors âgé de soixante ans et réalise cette œuvre en six ans).

Textes :

- Texte 1 : « Le fondement de la critique irreligieuse est: c’est l’homme qui fait la religion et non l’inverse. La religion est la conscience de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même. Et l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, la société, l’Etat. Cet Etat, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde. ]…[ Elle est la réalisation fantastique de l'être humain...]…[ Lutter contre la religion c’est donc aussi lutter contre ce monde là dont la religion est l’arôme spirituel.

La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclut. Elle est l’opium du peuple.

L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce à une situation illusoire, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions.

La critique de la religion est donc dans son germe, la critique de la vallée des larmes, dont l’auréole est la religion. La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse et façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est à dire autour de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme tant que l’homme ne gravite pas autour de de lui-même ». Marx. Critique de la philosophie du droit de Hegel. 1843.

Texte 2 : « Les idées religieuses, qui professent d’être des dogmes, ne sont pas le résidu de l’expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l’humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs. Nous le savons déjà, l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé, protégé en étant aimé, besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant. L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine, l’institution d’un ordre moral de l’univers assure la réalisation des exigences de la justice, si souvent demeurées non réalisées dans les civilisations humaines, et la prolongation de l’existence terrestre par une existence future fournit les cadres du temps et le lieu où les désirs se réaliseront. Des réponses aux questions que se pose la curiosité humaine touchant ces énigmes : la genèse de l’univers, le rapporte entre le corporel et le spirituel, s’élaborent suivant les prémisses du système religieux. Et c’est un énorme allégement pour l’âme individuelle de voir les conflits de l’enfance, conflits qui ne sont jamais entièrement résolus, lui être pour ainsi dire enlevés et recevoir une solution acceptée de tous ».

Freud. L’avenir d’une illusion. (1927)

Texte 3:  » Entre la Foi ou la Théologie et la Philosophie il n’y a nul commerce, nulle parenté… Le but de la Philosophie est uniquement la vérité ; celui de la Foi, uniquement l’obéissance et la piété. Les fondements de la Philosophie sont les notions communes et doivent être tirés de la Nature seule ; ceux de la Foi sont l’histoire et la philologie et doivent être tirés de l’Ecriture seule et de la révélation. La Foi donc reconnaît à chacun une souveraine liberté de philosopher ; de telle sorte qu’il peut sans crime penser ce qu’il veut de toutes choses ; elle condamne seulement comme hérétiques et schismatiques ceux qui enseignent des opinions propres à répandre parmi les hommes l’insoumission, la haine, l’esprit combatif et la colère ; elle tient pour fidèles, au contraire, ceux-là seulement qui, dans la mesure où leur Raison et leurs facultés le leur permettent, répandent la Justice et la Charité… Ni la Théologie ne doit être la servante de la Raison, ni la Raison celle de la Théologie, mais l’une et l’autre ont leur royaume propre : la Raison, celui de la vérité et de la sagesse, la Théologie, celui de la piété et de l’obéissance.

Spinoza, Traité Théologico-Politique (1670), Ch. 14, 15.

Texte 4 :  » Que Dieu existe, on peut prendre cinq voies pour le prouver « .

- Preuve par le mouvement (il faut un premier  » moteur « ):

 » La première et la plus manifeste est celle qui se prend du mouvement. Il est évident, nos sens nous l’attestent, que dans ce monde certaines choses se meuvent. Or, tout ce qui se meut est mû par un autre (…) Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c’est Dieu.

- Il faut une cause première :

« La seconde voie part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible (…). D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu.

- Preuve par la contingence :

- » La troisième voie se prend du possible et du nécessaire, et la voici. Parmi les choses, nous en trouvons qui peuvent être et ne pas être ; la preuve, c’est que certaines choses naissent et disparaissent, et par conséquent ont la possibilité d’exister et de ne pas exister. Mais il est impossible que tout ce qui est de telle nature existe toujours ; car ce qui peut ne pas exister n’existe pas à un certain moment. Si donc tout peut ne pas exister, à un moment donné, rien n’a existé. Or, si c’était vrai, maintenant encore rien n’existerait ; car ce qui n’existe pas ne commence à exister que par quelque chose qui existe (…). On est donc contraint d’affirmer l’existence d’un Etre nécessaire par lui-même, qui ne tire pas d’ailleurs sa nécessité, mais qui est cause de la nécessité que l’on trouve hors de lui, et que tous appellent Dieu « . – Le relatif suppose l’absolu :

 » La quatrième voie procède des degrés que l’on trouve dans les choses. On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble, etc. Or, une qualité est attribuée en plus ou en moins à des choses diverses selon leur proximité différente à l’égard de la chose en laquelle cette qualité est réalisée au suprême degré. Il y a donc quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, le plus haut degré du vrai coïncide avec le plus haut degré de l’être.

- La finalité dans la nature suppose une cause intelligente:

 » La cinquième voie est tirée du gouvernement des choses. Nous voyons que des êtres privés de connaissance, comme les corps naturels, agissent en vue d’une fin, ce qui nous est manifesté par le fait que, toujours ou le plus souvent, ils agissent de la même manière, de façon à réaliser le meilleur ; il est donc clair que ce n’est pas par hasard, mais en vertu d’une intention qu’ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par l’archer. Il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin… « .

St Thomas, Somme Théologique (Ouvrage inachevé commencé en 1266) – I, Q. 2, a 3. –

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